Two captivating scores, one signature
- Logan Six
- il y a 5 jours
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Since Elemental, a Pixar production directed by Peter Sohn, Thomas Newman’s presence in the Hollywood landscape has become more discreet, which is surprising given how well his musical language suits this kind of storytelling. In that film, his style found particularly fertile ground: a blend of orchestral warmth, refined textures, and delicate motifs capable of embracing both intimacy and spectacle. A nuanced, deeply human approach that one might have expected to be called upon more often.
Newman’s recent trajectory nevertheless reveals a particularly telling evolution in his aesthetic. Starting from the dark and almost frozen material of Monsters: The Lyle and Erik Menendez Story, co-composed with his daughter Julia Newman, he seems to engage in a broader reflection on memory and perception—one that finds two contrasting extensions in The Thursday Murder Club and In the Blink of an Eye.
With Monsters, Newman established a deliberately restrained language. Few identifiable themes, stretched textures, incomplete harmonies. The music no longer guided; it observed, settled into a state of latent trauma. This almost clinical approach becomes the pivot point for his subsequent work.
In The Thursday Murder Club, Newman reintroduces a form of warmth, though without returning to overt lyricism. The writing remains pared down, built on short motifs and transparent orchestrations. Light woodwinds, supple strings, gently offset rhythms, all contribute to a sense of closeness with the characters, conveying quiet intelligence rather than tension.

Where Monsters maintained emotional distance, The Thursday Murder Club restores a sense of humanity, almost tactile, echoing a tradition found in Finding Nemo or The Best Exotic Marigold Hotel. Yet nothing is overstated. Newman continues to suggest rather than assert, keeping the music slightly withdrawn, as if attentively observing.
By contrast, In the Blink of an Eye, directed by Andrew Stanton, expands the scope dramatically. It is no longer about accompanying individuals, but about traversing time itself. Here, Newman develops a more diffuse language, where motifs emerge and fade like traces. The influence of Monsters is clearly felt in the handling of textures and sonic space, enriched by a more contemplative dimension. Harmonies remain open, often suspended, creating a sense of continuity rather than progression.
One is reminded of WALL·E, but with a new gravity, less focused on immediate emotion than on a kind of existential vastness.
What deeply connects these two scores, despite their difference in scale, is the persistence of Newman’s signature. A fragmented writing style, never fixed, where melody dissolves into orchestral color. A uniquely personal way of shaping time, not as a linear flow, but as a succession of impressions. In The Thursday Murder Club, this translates into an attention to everyday details, gestures, and glances. In In the Blink of an Eye, the same approach becomes a meditation on duration and transmission.
In this sense, the two works represent the twin poles of a single musical language. One looks inward, the other embraces the vastness of time. Yet both extend the gesture initiated in Monsters: a music that no longer seeks to direct emotion, but to reveal its shadows and silences. For Thomas Newman, modernity does not lie in rupture, but in a subtle shift of perspective, a discreet yet deeply coherent evolution.
What remains is to experience these two scores according to your mood of the day. One will draw you toward a warm and intimate humanity; the other will carry you into a broader, more contemplative space. In both cases, Newman’s highly crafted writing leaves a lasting impression: its refinement gradually takes hold, shaping the listening experience and leaving behind traces that are profoundly musical and cinematic.
French version
Depuis Elemental, production Pixar réalisée par Peter Sohn, la présence de Thomas Newman dans le paysage hollywoodien s’est faite plus discrète, ce qui peut surprendre au regard de la pertinence de son écriture dans ce type de récit. Sur ce film, son style trouvait un terrain d’expression particulièrement fertile : une combinaison de chaleur orchestrale, de textures fines et de motifs délicats capables d’épouser à la fois l’intime et le spectaculaire. Une approche nuancée, profondément humaine, dont on peine à comprendre qu’elle ait été si peu sollicitée par la suite.
La trajectoire récente de Newman dessine pourtant un mouvement particulièrement révélateur de son évolution esthétique. À partir de la matière sombre et presque figée de Monsters: The Lyle and Erik Menendez Story, co-composé avec sa fille Julia Newman, le compositeur semble engager une réflexion sur la mémoire et la perception qui trouve deux prolongements contrastés dans The Thursday Murder Club et In the Blink of an Eye.
Avec Monsters, Newman installait un langage volontairement retenu. Peu de thèmes identifiables, des textures étirées, des harmonies incomplètes. La musique ne guidait plus, elle observait, installée dans un état de traumatisme latent. Cette approche, presque clinique, sert de point de bascule vers ses travaux suivants.
Dans The Thursday Murder Club, Newman réintroduit une forme de chaleur, mais sans revenir à un lyrisme démonstratif. L’écriture reste épurée, fondée sur des motifs courts et des orchestrations transparentes. Bois légers, cordes souples, rythmes délicatement décalés. Tout concourt à créer une proximité avec les personnages, un sentiment d’intelligence douce plutôt que de tension. Là où Monsters maintenait une distance émotionnelle, The Thursday Murder Club réactive une forme d’humanité, presque tactile, fidèle à une tradition que l’on retrouve dans Finding Nemo ou The Best Exotic Marigold Hotel. Pourtant, rien n’est appuyé. Newman continue de suggérer plutôt que d’affirmer, laissant la musique en léger retrait, comme en observation attentive.

À l’opposé, In the Blink of an Eye, réalisé par Andrew Stanton, élargit radicalement le cadre. Il ne s’agit plus d’accompagner des individus mais de traverser le temps lui-même. Newman y développe une écriture plus diffuse, où les motifs apparaissent puis disparaissent, comme des traces. L’influence de Monsters se fait ici pleinement sentir dans le travail des textures et des espaces sonores, mais enrichie d’une dimension plus contemplative. Les harmonies restent ouvertes, souvent en suspension, créant une sensation de continuité plutôt que de progression. On pense à l’héritage de WALL·E, mais avec une gravité nouvelle, moins tournée vers l’émotion immédiate que vers une forme de vertige existentiel.
Ce qui relie profondément ces deux partitions, malgré leurs différences d’échelle, c’est la permanence de la signature Newman. Une écriture fragmentée, jamais figée, où la mélodie se dissout dans la couleur orchestrale. Une manière très singulière de travailler le temps, non pas comme un flux linéaire mais comme une succession d’impressions.
Dans The Thursday Murder Club, cela se traduit par une attention aux détails du quotidien, aux gestes et aux regards. Dans In the Blink of an Eye, cette même approche devient une méditation sur la durée et la transmission.
Ainsi, ces deux œuvres apparaissent comme les deux pôles d’un même langage. L’une regarde l’intime, l’autre embrasse le vertige du temps long. Mais toutes deux prolongent le geste amorcé avec Monsters : une musique qui ne cherche plus à diriger l’émotion, mais à en révéler les zones d’ombre et de silence. Chez Thomas Newman, la modernité ne passe pas par la rupture, mais par un déplacement subtil du regard. Une évolution discrète, mais profondément cohérente.
Reste alors à découvrir ces deux partitions selon votre humeur du jour. L’une vous ramènera vers une humanité chaleureuse et subtile, l’autre vous entraînera vers une expérience plus vaste, presque contemplative.
Dans les deux cas, l’écriture très élaborée de Newman ne laisse pas indifférent : elle s’impose progressivement, par son raffinement, jusqu’à marquer l’écoute de son empreinte. Une manière d’ouvrir l’esprit, et peut-être même la journée, en y laissant des traces profondément musicales et cinématographiques.


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